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Que faire face aux caprices ?

Le caprice répond souvent à une envie : « Je veux un bonbon », « Je veux cette poupée », « Je veux le faire tout seul ». Evidemment, en tant que parent, vous  ne pouvez pas toujours répondre positivement à ces demandes et fort heureusement ! Une envie n’est pas un besoin, il n’est donc pas nécessaire de vouloir la combler à tout prix. L’enfant doit apprendre à gérer ses frustrations et on ne peut pas le laisser croire qu’il peut tout avoir ou tout faire comme il le désire. Mais le ton que l’on utilise dans ces cas là est rarement adapté…

C’est pourquoi vous devez aussi apprendre à entendre la colère de l’enfant. Puisque vous lui dîtes « non », vous lui imposez une limite qui, de son point de vue, est vécue comme injuste. Le problème, c’est que la plupart du temps, quand l’enfant crie, on s’agace, et on se met à crier à son tour, ce qui ne fait qu’exacerber la colère du plus petit. L’enfant, surtout s’il est très jeune, ne sait pas encore contrôler ses émotions. C’est donc à  l’adulte de contenir sa propre colère. Il est important alors que vous lui parliez de manière calme mais ferme, en le regardant bien en face pour qu’il comprenne que vous  ne changerez  pas d’avis. Vous pouvez aussi choisir de  faire une autre proposition à l’enfant pour détourner son attention vers un autre projet.

Mais certains caprices pourraient être évités si l’on prenait le temps d’entendre la demande de l’enfant. Malheureusement,  la plupart du temps, ce n’est pas le moment, ou bien on est pressé et on attend de l’enfant qu’il obtempère, et plus vite que ça ! Mais ce n’est pas un petit soldat… En grandissant, on lui apprend à devenir autonome et lui, il apprend à s’affirmer et à exprimer qui il est. C’est ainsi qu’il pourra se construire. Alors quand il refuse d’obéir aux ordres, si vous preniez le temps de vous demander pourquoi vous voulez lui imposer telle ou telle chose et pourquoi à ce moment là ? Est-ce vraiment si important ? Si vous voulez que l’enfant vous respecte, respectez aussi sa sensibilité, son rythme, ses désirs. Tolérance et écoute sont nécessaires pour que l’autorité soit acceptée et non subie.

Et si vous essayiez plutôt de le responsabiliser ? « Tu veux ce jouet, ce n’était pas prévu et je ne veux pas dépenser de l’argent pour ça, mais si tu y tiens, tu peux te l’acheter avec ton argent. » Ou « Tu as le choix, soit je t’aide à finir ta toilette mais tu arrêtes de faire le pitre, soit tu termines tout seul. » Si vous êtes clairs et sûrs de vous, il n’y a pas de raison pour que la crise perdure. En bref, si vous êtes convaincus, vous serez convaincants !

Enfin, admettez  que le caprice est normal et même nécessaire ! Un enfant qui ne ferait jamais de caprice ne saurait pas dire « non » et, en grandissant, serait incapable de donner son point de vue ou de faire des choix. Adulte, il manquerait sans doute beaucoup de confiance en lui et serait très inhibé. Ou bien, au contraire, il n’aurait jamais appris à gérer sa frustration et deviendrait agressif, voire violent. Si l’enfant fait des caprices, c’est qu’il cherche des repères. L’éducation doit faire de lui un être social, qui pourra vivre avec les autres mais aussi avec lui-même. Et il n’existe aucune éducation qui ne passe pas par le conflit …

Sandrine PORCHER

Coach parental - SOS Relation Enfants

 

 

Les angoisses chez l’enfant

L’angoisse est un sentiment qui accompagne la peur. Elle fait inévitablement partie de l’enfance puisque, chaque jour (ou presque !), l’enfant se trouve confronté à de nouvelles découvertes ou expériences. Le monde dans lequel il vit n’étant pas statique, il est continuellement en recherche d’adaptation. Un changement d’habitudes, comme l’entrée en maternelle,  à l’élémentaire, au collège, aller dormir chez un ami pour la première fois, ou encore s’inscrire à une activité sportive, peut provoquer de la tension et de la peur.

Isabelle Filliozat, psychothérapeute, décrit la peur comme une « émotion saine » car, dit-elle, « elle informe sur la présence d’un danger, elle mobilise notre corps pour y faire face, elle nous apprend à nous préparer devant l’inconnu ». N’ayez donc plus peur de la peur !

Votre enfant pleure lorsque vous le laissez à l’école le matin ? Il boude et refuse de bouger lorsque vous voulez l’emmener à sa nouvelle activité, qu’il semblait pourtant si content de choisir avec vous ?… Laissez-lui du temps, pour apprivoiser ce nouvel environnement, même si vous êtes déçu(e) ou frustré(e) par ce comportement qui vous semble peut-être disproportionné.

Pour que l’enfant vous fasse confiance, il est important que vous respectiez son émotion. Il a une raison d’avoir peur, même s’il ne sait pas l’expliquer. Vous pouvez l’écouter, l’aider à exprimer ce qu’il ressent : « Qu’est-ce qui se passe ? De quoi as-tu peur ? » Evitez le « pourquoi » qui demande à l’enfant de se justifier, ce qu’il est généralement bien incapable de faire…

Reconnaissez-lui le droit d’avoir peur et dédramatisez : « Tu sais, moi aussi hier j’ai eu peur quand… » Ou bien : « moi aussi, quand j’étais petit… ». Soyez honnête avec lui, n’inventez pas mais partagez. Si, en plus, vous avez une peur que votre enfant n’a pas (peur des araignées, des souris…), cela l’aidera à se sentir plus fort et à affronter la sienne !

Lorsque vous sentez que votre enfant est apaisé, vous pouvez alors l’aider à réfléchir, à chercher des solutions, en lui donnant des explications ou des informations dont il pourrait avoir besoin, ou en lui rappelant une peur qu’il avait, avant, et qu’il a dépassée : « Tu te souviens comment tu as fait ? »

Mais n’abandonnez pas : « Il ne veut pas y aller, c’est trop dur pour lui, je vais le garder avec moi. » Votre enfant a besoin de savoir que vous l’entendez, que vous le comprenez, mais aussi que vous le soutenez et que vous lui faites confiance. L’angoisse de l’enfant peut vite devenir l’angoisse du parent. Mais le surprotéger et l’empêcher de vivre de nouvelles expériences sociales, « pour son bien », risque d’augmenter son angoisse. L’enfant acquiert son autonomie en se séparant de ses parents. S’il se sent tiraillé entre les devoirs ou dettes qu’il pense avoir envers vous et ses propres désirs de liberté, vous avez de fortes chances de vous retrouver avec un enfant qui se plaint de maux de ventre, de tête, qui vomit ou qui pleure sans raison apparente, ou qui a des réactions agressives… Ces manifestations sont des messages qui doivent vous alerter.

Et si, après une courte période, vous ne trouvez pas de solutions, il est prudent de ne pas laisser le problème s’amplifier et de demander l’aide d’un professionnel.

 

Sandrine PORCHER - SOS Relation Enfants

 

Mon enfant raconte des mensonges …

Le mensonge est défini comme « une affirmation contraire à la vérité ». Il est très fréquent chez l’enfant et peut parfois sembler naturel : « Il ment comme il respire ! » dit-on parfois.

Tous les enfants mentent, à des degrés divers, et le mensonge doit être interprété comme le témoin « normal » d'une progression de leur maturité. C’est pourquoi, en fonction de l’âge de votre enfant, il ne prend pas la même signification.

 

Chez le tout petit (moins de 3 ans), il n’existe pas encore, tout simplement parce que son niveau de langage et ses capacités cognitives ne le lui permettent pas encore.

 

Entre 3 et 6 ans, l’imaginaire de l’enfant se développe et tient une place importante, notamment dans les jeux. Il adore faire semblant, imiter et qu’on lui lise des contes. A cet âge, il fait mal la distinction entre la réalité et son monde à lui. La plupart de temps, il ne ment pas, il enjolive ou transforme la vérité :

-          Parce qu’il a fait une bêtise et qu’il a peur d’être « mauvais » ou « méchant » à vos yeux ; pour ne pas vous décevoir et continuer de vous plaire, il préfère donc mentir. Il se protège ainsi du risque de vos accusations, se déculpabilise et se rassure tout à la fois.

-          Parce qu’il n’a pas toujours ce qu’il veut ; en racontant des histoires, il se sent plus fort, donc plus admiré ! Cela lui permet d’exister autrement, en enjolivant une réalité qui ne le satisfait pas pleinement. C’est d’ailleurs à cet âge que l’ami imaginaire fait merveille !

-          Parce qu’il a besoin de s’opposer à vous et de vous faire réagir. Si vous vous montrez trop exigeants à son égard, il saura vous le faire remarquer, en se montrant têtu par exemple ! Pour vivre comme un enfant, pour garder un jardin secret et se donner le droit d’être autonome, il doit parfois échapper aux contraintes que vous lui imposez par le mensonge …

Mentir n’est donc pas forcément une mauvaise chose. C’est même plutôt le signe d’une imagination active et d’une bonne santé émotionnelle ! Evitez donc de vous mettre en colère ou de le juger et aidez-le à faire la différence entre le « c’est pour de vrai » ou le « c’est pour de rire » !

 

Ce n’est que vers 6/7 ans que la différenciation entre le réel et l’imaginaire devient plus nette. Et ce n'est souvent qu'après 8 ans que le mensonge acquiert une dimension volontaire, intentionnelle. A cet âge, on distingue 3 grandes catégories de mensonges :

-          Le mensonge « blanc », pour plaire à quelqu'un ou pour protéger son estime de soi. « Maman, cette nouvelle coupe de cheveux te va très bien ! »

-          Le mensonge « défensif », sans mauvaise intention, sans but d'abuser ou de profiter d'autrui. Il vise plutôt à se défendre contre des conséquences fâcheuses. Un enfant ou un adolescent peut mentir par omission ou encore déformer la réalité afin d'éviter les conflits ou les punitions.

-          Le mensonge « délibéré », pour manipuler un individu dans le but d'en abuser ou pour faire quelque chose de mal sans se faire prendre. Il s'agit là du mensonge qui s'apparente le plus au profil de la délinquance, car il a été préparé, longuement réfléchi et sert à dissimuler un acte répréhensible.

 

Dans tous les cas, dîtes-lui que vous désapprouvez son comportement, mais mieux vaut éviter le conflit. Essayez plutôt de comprendre avec lui les circonstances qui l’on conduit à mentir et assurez-le de votre amour, quoiqu’il arrive. Il est important alors de bien dissocier son comportement, qui est « mauvais », de sa personne. S’il se bute, n’insistez pas pour qu’il vous dise la vérité, il risque de se replier sur lui-même et vous ne pourrez plus communiquer. Dîtes-lui que vous comprenez qu’il est parfois difficile de dire la vérité, qu’il n’a pas à en avoir honte mais que vous avez besoin de pouvoir lui faire confiance. N’hésitez pas à pratiquer l’humour lorsque vous en reparlez ensuite !

Si les mensonges persistent, c’est peut-être que vous êtes trop exigeants … Mais ce qui est sûr, c’est que des mensonges à répétition sont le signe d’une angoisse sous-jacente et qu’elle doit être prise en considération.

 

Sandrine PORCHER - SOS Relation Enfants

 

 

 

 

 

 




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